
La citation de Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » s’appliquera-t-elle un jour à l’ensemble de nos déchets ? Telle est, en tout cas, l’ambition portée par la CPS, responsable de la gestion de leur ramassage et de leur traitement à Verrières-le-Buisson. Face aux défis environnementaux croissants et aux exigences législatives de plus en plus strictes, la structure intercommunale s’appuie sur l’innovation de ses partenaires spécialisés ainsi que sur la participation active des habitants.
C’est la raison pour laquelle, début 2024, une réunion publique ainsi qu’une concertation avec les cent-trente Verriérois présents ont précédé le renouvellement du marché de collecte des déchets. Cette démarche participative, véritable gage de transparence et d’implication citoyenne, a permis aux habitants de prendre part aux choix et aux évolutions concernant la gestion des déchets. Ainsi, la collaboration entre la CPS, la municipalité et les usagers est un pilier fondamental pour construire un avenir plus respectueux de l’environnement.
Un déchet ménager de moins, une ressource de plus
La CPS a confié le traitement de nos ordures ménagères au Simacur, un établissement public de coopération intercommunale, lequel, dans une démarche résolument éco-responsable, privilégie la valorisation des matières par le recyclage et le compostage, l’incinération étant réservée aux ordures ménagères résiduelles. Seuls les déchets dits ultimes (déchets mêlés, gravats souillés…) sont destinés à la mise en décharge.
L’énergie thermique produite par l’incinération des déchets résiduels sert à chauffer de l’eau injectée ensuite dans le réseau de chauffage urbain des communes de Massy et d’Antony. Ce procédé contribue à réduire la dépendance aux énergies fossiles de 27 000 logements. Pour autant, il génère inévitablement des gaz à effet de serre, soulignant l’importance cruciale de limiter la production de déchets à la source et de renforcer les efforts de recyclage.
De ce fait, la CPS participe activement à la réduction de l’enfouissement des déchets et oeuvre pour atteindre les objectifs ambitieux de recyclage fixés par les autorités publiques. En France, 29% (14 248 millions de tonnes) des déchets ménagers collectés ont été enfouis en 2022, soit le poids de 1 410 Tour Eiffel.
Une nouvelle vie pour les papiers, cartons et plastiques
Les déchets désormais collectés dans vos bacs jaunes les jeudis ou vendredis, selon votre lieu de résidence, sont acheminés vers le Centre Intégré de Traitement des Déchets (CITD) de Vert-le-Grand / Écharcon. Ce site géré par Serivel, filiale de Semardel pour le compte du Siredom dans le cadre d’une délégation de Service Public (DSP), regroupe une unité de valorisation énergétique et deux lignes de tri des collectes sélectives dont la capacité totale atteint 90 000 tonnes par an. Grâce à ces installations modernes et automatisées, telles que des trieurs
optiques, des courroies vibrantes et des balayeurs à air, chaque type de déchet est minutieusement séparé. Une fois triés, ces matériaux sont envoyés vers des usines de recyclage spécialisées, où ils sont transformés en nouvelles matières premières mais « en matière de plastiques, nous ne savons pas recycler toutes les résines à ce jour, du fait qu’elles sont toujours plus nombreuses et parfois de compositions inconnues, souligne Cécile Tissot, directrice Déchets ménagers et Économie circulaire au sein de la CPS. À la différence d’autres matières, le plastique ne se recycle pas à l’infini (deux à trois cycles de vie) et représente à ce titre un vrai fléau ». L’augmentation exponentielle des quantités de plastiques mises sur le marché rend improbable une maîtrise totale de la filière à moyen terme. Réduire l’emploi du plastique est donc un enjeu majeur.
Quel plan de gestion des biodéchets ?
Depuis le 1er janvier 2024, tous les producteurs et détenteurs de biodéchets, qu’il s’agisse de déchets alimentaires ou de déchets verts, sont tenus de les trier afin de favoriser leur valorisation par les collectivités, notamment à travers des solutions de compostage. Ce processus, initié dans les restaurants scolaires de Verrières-le-Buisson dès 2021, s’étend à l’ensemble de la population. Les Verriérois disposant d’un jardin sont encouragés à installer un composteur, s’ils ne l’ont pas encore fait, pour y transformer leurs déchets alimentaires, à l’exception des restes de viande, de poisson, des produits laitiers et autres matières non compostables. Pour les logements collectifs, les résidents sont invités à prendre contact avec la CPS qui accompagne l’installation des composteurs et la mise en oeuvre pendant trois ans. Déjà huit résidences se sont engagées. Une formation sur la gestion du compostage est systématiquement proposée aux personnes souhaitant acquérir un composteur.

Par ailleurs, l’agglomération expérimente les points d’apport volontaire des biodéchets en centre-ville et aux Prés-Hauts. Celle-ci est soutenue par une campagne de porte-à-porte pour expliquer leur fonctionnement et distribuer des bioseaux qui permettent de stocker temporairement les biodéchets chez soi puis de les vider au point de collecte le plus proche. Lorsqu’ils ne sont pas compostés sur place, les biodéchets alimentaires sont envoyés vers des installations industrielles de compostage ou de méthanisation. Ce dernier processus permet de produire du biogaz, utilisé pour générer de l’électricité ou de la chaleur.
Quant aux déchets végétaux (tontes de gazon, feuilles mortes, tailles de haies et d’arbres…), ils sont désormais collectés chaque lundi ou mardi (en décembre, une seule collecte), selon votre secteur d’habitation, puis acheminés vers des plateformes de compostage pour être transformés en compost. Ce fertilisant naturel enrichira les sols des jardins publics et des espaces verts.
Une gestion responsable des encombrants et déchets dangereux
Les encombrants, gravats, déchets de chantier, pneus, déchets ménagers toxiques (huiles de vidange, acides, solvants, aérosols, peintures) ou encore les piles et batteries doivent être déposés sur rendez-vous à la déchèterie de Vallée Sud Grand Paris (située rue de Paradis, à l’angle de l’avenue Georges Pompidou). Les résidents des pavillons, ainsi que ceux des petits et moyens collectifs, peuvent désormais organiser l’enlèvement de leurs encombrants par prise de rendez-vous, soit via paris-saclay.com, soit au 0 805 29 00 44. Les résidents des grands collectifs continueront quant à eux de bénéficier de la collecte mensuelle, le quatrième mercredi du mois.
Les objets récupérés sont soigneusement triés dans l’optique d’être réparés ou recyclés dans la mesure du possible. Certains meubles pourront être restaurés et revendus par des structures spécialisées telles que les ressourceries, tandis que d’autres seront démantelés pour en extraire les matériaux recyclables. Quant aux déchets dangereux, ils seront acheminés vers des installations dédiées où ils subiront un traitement rigoureux, par incinération à haute température ou par traitement chimique, afin de prévenir toute pollution de l’environnement.
jedonnemonelectromenager.fr
En collaboration avec la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, la Ville a lancé en 2022 une offre de service gratuite visant à faciliter le recyclage des gros électroménagers. Grâce à ce partenariat, l’organisme Ecosystem collecte, sur simple prise de rendez-vous, les appareils volumineux dont les habitants souhaitent se séparer. La collecte s’effectuant au sein du domicile, aucune logistique n’est à prévoir pour l’usager. Il lui suffit de prendre rendez-vous via le site www.jedonnemonelectromenager.fr. Attention, l’électroménager doit impérativement
être débranché et facilement accessible au moment de la collecte. Les tuyauteries doivent être purgées, les congélateurs dégivrés et les cuisinières, fours et hottes dégraissés en surface.
35 % des gros électroménagers sont réemployés par des structures de l’économie sociale et solidaire, contribuant ainsi à une réutilisation responsable. Les autres sont recyclés dans le respect absolu des normes environnementales, garantissant leur traitement sécurisé. Ce service témoigne une fois encore de l’engagement de notre commune en matière de gestion des déchets et de développement durable.
Le meilleur déchet reste celui qui n’existe pas
Malgré les efforts déployés pour limiter l’utilisation des plastiques à usage unique, leur production et leur consommation ne cessent d’augmenter, exerçant ainsi une pression croissante sur les infrastructures de recyclage. Afin de les soulager et de participer activement à la préservation de notre planète, il est essentiel que chacun s’engage dans une gestion responsable des déchets qu’il génère au quotidien. L’Agence de la transition écologique – ADEME – estime, qu’au niveau national, 35% du contenu de nos poubelles d’ordures ménagères auraient leur place dans un bac de tri. Au-delà de la collecte, du tri et du recyclage assurés par les partenaires de la CPS, la meilleure solution pour une gestion durable des déchets réside dans la réduction de leur production. Comment ? En privilégiant l’achat de produits alimentaires avec le moins d’emballage possible ou en vrac, de biens conçus pour durer dans le temps, réparables et contenant des matériaux recyclables ou réutilisables. Ces
comportements, à la fois simples et efficaces, constituent une étape fondamentale vers une gestion des déchets plus respectueuse de notre environnement.
ENSEMBLE, RÉDUISONS NOS DÉCHETS

Dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias dans l’École, du 24 au 29 mars, les élus du Conseil Municipal des Enfants (CME) ont participé à un atelier d’initiation au journalisme. Après un apprentissage des bases du métier avec le journaliste de Verrières et vous, quelques recherches et interviews, ils ont rédigé cet article sur la question de la réduction des déchets.
« Il est urgent de protéger notre planète, ses forêts et ses océans, où le plastique est responsable de la mort de milliers d’animaux chaque année », s’inquiète Léon, élève en CM2. Pour éviter la pollution de l’air, de l’eau et du sol, nous devons tous agir. Si tout le monde commence à mieux trier ses déchets, c’est déjà un bon début. « Depuis quelques mois, je n’utilise plus que des mouchoirs en tissu », ajoute Léon.
Réduire les emballages
En faisant nos courses différemment, nous pouvons aider à réduire les déchets. Dans son livre Famille presque zéro déchet, Bénédicte Moret et Jérémie Pichon expliquent qu’il vaut mieux choisir des produits avec peu d’emballage ou des emballages recyclables. La bande dessinée C’est quoi, l’écologie ?, de Sophie Dussaussois et Jacques Azan, conseille d’apporter un sac en tissu ou un caddie pour faire ses courses. Edwin, un coordinateur périscolaire, nous a confié qu’il n’achète plus de bouteille en plastique : « J’ai toujours une bouteille en verre dans mon sac, que je remplis avec l’eau du robinet ».
Vivre de façon plus durable
Il existe plein d’astuces pour ne pas jeter systématiquement. « Je réutilise les cartons quand ils ne sont pas trop abîmés, je transforme des vieux vêtements en chiffons pour le ménage et je répare tout ce que je peux », explique une maman. Elle encourage son fils à utiliser le dos des feuilles de papier comme brouillon. Dans son livre 50 gestes pour la Terre, Anne Jankéliowitch rappelle qu’il faut environ 17 arbres pour produire une tonne de papier vierge. Même quand on jette des objets, si on les trie bien, certains peuvent être recyclés et réutilisés, comme des canettes d’aluminium qui servent à fabriquer des pièces de vélo.
L’école, un modèle pour réduire les déchets
Les professeurs ont aussi un rôle important pour nous rappeler qu’il faut adopter des comportements plus respectueux de l’environnement. « J’encourage mes élèves à utiliser moins de feutres, car ils sont fabriqués avec du plastique et des encres chimiques », explique Monsieur Chevalier, professeur principal à l’école Steiner. L’école David Régnier – Paul Fort a le label Établissement en Démarche globale de Développement Durable (E3D) ; elle dispose des bornes pour collecter les bouchons en plastique et les piles. « Elle organise deux collectes de vieux jouets chaque année, en hiver » explique sa directrice Madame Valenti. Tous ces gestes peuvent avoir un impact énorme sur l’environnement si tout le monde participe.